Photovoltaïque
Prime à l'autoconsommation supprimée : ce qui change pour vos panneaux solaires en 2026
Publié le · Par l'équipe technique Saytel

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L'arrêté tarifaire S21, publié au Journal officiel le 4 juin 2026, a profondément modifié l'économie du solaire résidentiel. La prime à l'investissement a disparu et le surplus injecté sur le réseau est désormais très peu rémunéré. Le photovoltaïque reste intéressant, mais la façon de dimensionner une installation n'est plus la même.
Qu'est-ce qui a changé exactement en juin 2026 ?
Trois changements majeurs s'appliquent aux nouvelles demandes de raccordement. D'abord, la prime à l'autoconsommation, qui était versée par EDF Obligation d'Achat en fonction de la puissance installée, est supprimée pour les projets dont la demande de raccordement a été déposée à partir du 5 juin 2026. Ensuite, le tarif de rachat du surplus est unifié à 1,1 c€/kWh hors taxes pour les installations jusqu'à 100 kWc, avec une indexation annuelle de 2 % et un contrat de 20 ans. Enfin, la vente totale de la production n'est plus possible pour les installations de 9 kWc ou moins : seule l'autoconsommation avec vente du surplus reste ouverte. Les contrats signés avant ces dates ne sont pas remis en cause.
Les installations déjà en service sont-elles concernées ?
Non. Le nouveau régime ne s'applique qu'aux nouvelles demandes de raccordement. Si votre installation a été raccordée ou si votre demande a été déposée avant l'entrée en vigueur de l'arrêté, vous conservez la prime qui vous a été attribuée et le tarif de rachat inscrit dans votre contrat EDF OA, pour toute sa durée. C'est un principe constant des arrêtés tarifaires photovoltaïques : le tarif est figé à la date de la demande complète de raccordement. Si vous avez un doute sur la date retenue pour votre dossier, elle figure dans les échanges avec Enedis et dans votre contrat d'achat.
Pourquoi l'autoconsommation devient-elle la seule vraie source de rentabilité ?
Avec un surplus racheté à 1,1 c€/kWh, chaque kilowattheure injecté sur le réseau ne rapporte presque rien, alors que chaque kilowattheure consommé chez vous évite l'achat d'un kilowattheure au prix du réseau, plus de dix fois supérieur. La valeur d'une installation dépend donc presque entièrement de la part de production que vous consommez vous-même. Concrètement, il faut dimensionner au plus juste de votre consommation de journée, et déplacer vers les heures ensoleillées les usages qui peuvent l'être : ballon d'eau chaude, lave-linge, pompe à chaleur, recharge du véhicule électrique. Un système de pilotage de l'énergie devient un élément central de l'installation, et plus un simple accessoire.
Quelles aides restent disponibles pour le photovoltaïque ?
La principale aide restante est la TVA réduite à 5,5 %, applicable depuis le 1er octobre 2025 aux installations de 9 kWc maximum qui respectent des critères environnementaux sur les modules et intègrent un système de gestion de l'énergie. Elle s'applique directement sur la facture de l'installateur. Certaines collectivités proposent aussi des subventions locales, variables d'un territoire à l'autre. Enfin, le contrat d'achat du surplus, même peu rémunérateur, garantit que l'électricité non consommée est valorisée plutôt que perdue. L'éco-prêt à taux zéro peut, selon les cas, financer le reste à charge dans le cadre d'un bouquet de travaux.
Le solaire est-il encore rentable après cette réforme ?
Oui, à condition d'être bien dimensionné. Une installation qui consomme elle-même l'essentiel de sa production garde une rentabilité solide, car l'électricité du réseau reste chère et la production des panneaux est garantie sur plusieurs décennies. Sur une installation de 6,5 kWc que nous avons réalisée à Sainte-Foy-lès-Lyon, avec stockage virtuel et une autoconsommation estimée à 100 %, l'étude personnalisée prévoyait un amortissement en 7 ans environ. Ce qui ne fonctionne plus, en revanche, c'est de surdimensionner une installation pour revendre le surplus : ce modèle économique a disparu avec la réforme.
La réforme S21 ne rend pas le solaire inutile : elle récompense les installations bien dimensionnées et pilotées. C'est précisément ce que Saytel calcule lors de l'étude énergétique gratuite, à partir de votre consommation réelle.


