Photovoltaïque
Rachat du surplus à 1,1 c€/kWh : faut-il encore vendre son électricité solaire ?
Publié le · Par l'équipe technique Saytel

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Depuis juin 2026, l'électricité solaire que vous injectez sur le réseau est rachetée 1,1 c€/kWh hors taxes. Ce montant symbolique change la manière de penser une installation. Voici comment fonctionne ce nouveau contrat de rachat et ce qu'il implique pour votre projet.
Comment fonctionne le nouveau contrat de rachat du surplus ?
Le contrat est conclu avec EDF Obligation d'Achat, qui achète l'électricité que vous ne consommez pas au moment où elle est produite. Pour les installations jusqu'à 100 kWc raccordées sous le régime S21, le tarif est de 1,1 c€/kWh hors taxes, indexé de 2 % par an, pour une durée de 20 ans à compter de la mise en service. Le tarif est figé à la date de votre demande de raccordement. Le surplus est mesuré par le compteur Linky, qui compte séparément l'énergie soutirée du réseau et l'énergie injectée. Vous n'avez pas de démarche de facturation à faire au quotidien : l'installateur ou vous-même déclarez l'installation, puis EDF OA établit le contrat.
Qu'est-ce que le plafond de 1 600 heures ?
La quantité d'électricité rachetée est plafonnée à 1 600 heures par an multipliées par la puissance installée. Pour une installation de 9 kWc, cela représente au maximum 14 400 kWh rémunérés par an. En pratique, ce plafond ne concerne quasiment aucune installation résidentielle en autoconsommation : une installation de 9 kWc produit en France environ 8 000 à 11 000 kWh par an selon la région et l'orientation, dont seule une partie est injectée. À titre d'exemple, notre installation de 9 kWc à Gorcy, en Meurthe-et-Moselle, a une production annuelle estimée à 8 436 kWh, très loin de ce plafond.
Combien rapporte réellement le surplus avec ce tarif ?
Très peu. Prenons une installation qui injecte 2 000 kWh par an sur le réseau : au tarif de 1,1 c€/kWh, le surplus rapporte environ 22 € par an. À l'inverse, ces 2 000 kWh consommés sur place auraient évité l'achat d'autant d'électricité au prix du réseau, soit plusieurs centaines d'euros. Le calcul est sans appel : un kilowattheure autoconsommé vaut environ quinze à vingt fois plus qu'un kilowattheure revendu. Le contrat de rachat reste utile car il évite de perdre purement l'énergie excédentaire, mais il ne doit plus être considéré comme une source de revenus.
Faut-il quand même signer un contrat de rachat ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Même faiblement rémunéré, le contrat valorise l'électricité que vous ne pouvez pas consommer, notamment les jours d'été où vous êtes absent. Il existe aussi une option d'autoconsommation sans injection, avec un dispositif qui bride la production pour ne rien envoyer sur le réseau, mais elle fait perdre de l'énergie gratuite. Une troisième voie est la batterie virtuelle, proposée par des fournisseurs comme Urban Solar Energy ou MyLight : le surplus est stocké sous forme de crédit de kilowattheures récupérables plus tard, moyennant un abonnement. C'est l'option que nous avons retenue pour plusieurs clients.
Comment réduire la part d'électricité injectée ?
Plusieurs leviers se combinent. Le premier est le dimensionnement : la puissance installée doit correspondre à votre consommation de journée, pas à la surface de votre toit. Le deuxième est le pilotage : un gestionnaire d'énergie ou un routeur solaire déclenche le ballon d'eau chaude, la pompe à chaleur ou la recharge du véhicule quand les panneaux produisent. Le troisième est le changement d'habitudes : programmer lave-linge et lave-vaisselle en journée. Enfin, le stockage, physique ou virtuel, permet de décaler l'usage de l'énergie produite. Une étude sérieuse simule ces leviers sur votre profil de consommation avant de fixer la puissance.
Avec le tarif S21, la question n'est plus de savoir combien vous allez revendre, mais combien vous allez consommer vous-même. Saytel dimensionne chaque installation sur cette base et intègre le pilotage dès l'étude.


